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Les portes monumentales de TANCONVILLE >>>


Tanconville Distant de 4 kilomètres de son Chef-lieu de Canton, bâti dans un vallon, TANCONVILLE est un village très ancien, dont l'origine est antérieure à celle de l'Abbaye de la Haute Seille, fondée en 1140 et dont il dépendait. L'acte de donation de ce village faite pas Agnès de Langstein, à l'Abbaye, mentionne, en effet qu'il y avait déjà, à TANCONVILLE, «  des hommes francs et des manants de condition serve »

Il restera longtemps indivis entre le Duc de Lorraine et le Prince de Salm-Salm.

Au Moyen Age, il était prospère et très étendu, mais, pendant les guerres du XVIIè siècle, il fut incendié, ruiné (1633). L'Abbaye de la Haute Seille donna alors abri à ses habitants. Près d'elle, ils construisirent des baraques qu'ils occupèrent pendant cinquante ans. En 1723, sur la réclamation des habitants, la Maison de Salm-Salm concéda des terres pour dix maisons de cultivateurs (2 arpents) et pour quatorze maisons de manoeuvres (1 arpent). L'emplacement de l'Eglise, de la place publique, du presbytère, de la Maison d'Ecole, est déterminé. Des cartes topographiques, déposées aux Archives, situent la place du nouveau village et celle des anciennes baraques. La reconstruction fut lente ; à la fin du XVIIIe siècle, on ne comptait, à Tanconville, que 20 feux. L'Eglise fut rebâtie en 1746. On n'y conserva aucun vestige de l'ancienne.

Les annales mentionnent le pillage, en 1789, de l'Abbaye de la Haute Seille, par les gens de Tanconville et ceux de villages voisins, venus au nombre de trois à quatre cents, ce qui nécessita, à l'appel du Seigneur de Cirey, l'arrivée, à l'abbaye, d'un Escadron de Carabiniers, de Lunéville. Ce fut un des rares exemples des excès révolutionnaire exercés dans notre pays, contre les couvents, Il est vrai, remarque M.Ambroise que les Moines de la Haute-Seille n'avaient pas su se faire aimer des habitant de Tanconville, avec lesquels il avaient été plusieurs fois en procès.

Tanconville au 19è siècle, possédait une poterie dont les produits étaient assez recherchés. On y exploitait une Carrière de Plâtre, pour les manufactures de Cirey et de Saint-Quirin (Grosse). Ce village n'a pas souffert de la guerre 14-18 ; il a été occupé dès le début, par les Allemands, qui y ont séjourné jusqu'en 1918 ; aussi a-t-il conservé sa physionomie ancienne. Ses maisons sont restées rapprochées, sur les deux côtés de la route, qui le traverse. Le caractère architectural de maintes d'entre elles rappelle la reconstitution de la fin du XVII e et du commencement du XVIIIe siècle.

L'Eglise de Tanconville ne présente rien de remarquable, si ce n'est un grand tableau représentant la Vierge et qui proviendrait de l'Abbaye de la Haute Seille. Sur sa façade, à droite de l'entrée, se voit une statue en bois, magnifique, un Christ de grandeur naturelle. On dit qu'il a été trouvé dans la forêt voisine, où il est resté longtemps caché. Proviendrait-il, lui aussi, de l'Abbaye de la Haute-Seille ? C'est probable. Quoi qu'il en soit, si l'on ne tient pas compte de quelques erreurs anatomiques, l'oeuvre est d'un sculpteur fort habile.

Par ailleurs, dans l'entrée de l'église repose le corps de Marie Rose MULLER épouse de Claude Marchal, décédée le 24 avril 1816. « Modèle des vertus conjugales » indique l'épitaphe.


Contrairement à certaines communes voisines (notamment celle de Parux) Tanconville a été épargné lors des deux dernières guerres. Son bâti le plus ancien a donc perduré.
Pour autant, des combats célèbres se sont néanmoins déroulés à proximité immédiate, tels ceux dit 'du bois de Blâmont' le 19 juin 1940. (Voir ce lien, ainsi que celui-ci)
 

▼ Témoignage - Juin 1940 (Angéline HOBIN) ▼

Tanconville En préambule je précise que ce récit est la transcription fidèle de la version de mon père “Roger WINIGER “ et de son ressenti de l’événement recueilli en juin 2017, jour de la commémoration des combats du 19 juin 1940 à laquelle pour la première, fois il ne pouvait assister.

Il décédait trois semaines plus tard. Certains détails vont vous paraitre durs, mais ce sont ses paroles.

Le 19 juin 1940, avec l’arrivée des allemands, tout le monde s’enferme. Le lendemain des coups de feu retentissent toujours dans le bois. Mon père, alors, âgé de 14 ans, en menant les vaches au pré, trouve sur son chemin un soldat français mort, probablement le soldat TISSERAND.

Mon grand-père “ EUGENE “ va voir monsieur le maire “ Édouard AUBRY “afin d’obtenir l’autorisation de la kommandantur pour récupérer les corps des victimes dans le bois de TANCONVILLE.

Apres avoir attelé les chevaux à une charrette, Henry KLEIN, Fernand FENDT, JACQUET et mon père, accompagnés des anciens du village découvriront d’abord un blessé qui avait une jambe broyée. ILS le conduiront à l’hôpital de campagne chez “ MULLER “ ou il sera amputé

ils découvriront un autre soldat abattu depuis le bois proche du moulin “ PIERCY “.

Ensuite ils ont trouvés 12 corps de soldat, dont le lieutenant BOURRACHOT, dans la forêt à proximité de la stèle actuelle.

Ces soldats venaient de GONDREXANGE et avaient une halte pour manger. Repérés par un avion mouchard allemand ils furent bombardés, et décimés par un tir de “ SHRAPNEL “

Les corps étaient recouverts de branchages et avaient été dépouillés, à l’exception de leurs papiers d’état-major éparpillés à leurs côtés.

Le lieutenant BOURRACHOT avait été décapité

Les corps furent d’abord inhumés au cimetière communal à 3 endroits différents.

À la fin des hostilités, ils furent rendus, aux familles, mais il fallut attendre le retour des menuisiers pour fabriquer les cercueils. Les corps furent alors, exhumés et remis aux familles .7 d'entre eux reposent désormais au cimetière de TANCONVILLE

La première messe de souvenir pour ces soldats été demandée et financée par deux habitantes du village : Marie WELSCH et germaine WINIGER ;

Elles ont pris l’initiative d’y inviter d’anciens combattants et depuis, année après année, cette commémoration s’est poursuivie.

Par la suite, monsieur Abel MATHIEU, alors maire a contacté les autorités responsables du régiment concerné ; le 15/3, basé à MUTZIG pour l’officialiser et la perpétuer.

À cette occasion mon père a remis au chef de corps de cette unité le fusil LEBEL qu’il avait récupéré et conservé, et qui figure depuis, au musée

Il est bon de préciser que ces combats eurent lieu sur la forêt de TANCONVILLE, qu’on ne cite plus et ce n’est pas normal ! Disait-il.

Pour conclure :

J’ai demandé à mon père :

- mais pourquoi tu ne me l’as jamais raconté ?

Il a répondu :

- parce que tu ne me l’as jamais demandé ...


TANCONVILLE le juin 2019

Angéline HOBIN

 


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